Les créations du Caratini Jazz Ensemble
Xocoatl
Récit multiple pour grand chœur, récitant et ensemble instrumental
Créé le 12 janvier 2007 à Sceaux Les Gémeaux, scène nationale. Durée 1h30Textes choisis parmi les écrits, romans, lettres et commentaires ayant trait à l’histoire du chocolat, depuis les récits aztèques de la conquête, jusqu’à la directive européenne 2000/36 relative aux produits de cacao et de chocolat destinés à l’alimentation humaine.
Musique de Patrice Caratini (commande de l'État)
avec le Chœur Nicolas de Grigny direction Jean-Marie Puissant
et Olivier Dote Doevi, récitant
Le projet « Xocoatl » est né
sur une table de bistrot, devant une tasse de chocolat
chaud.
En quête d’une idée qui me permette de réunir le Jazz
Ensemble que je dirige, avec le Chœur Nicolas de
Grigny, pour lequel Jean-Marie Puissant m’avait
demandé d’écrire « quelque chose », je
réfléchissais à sa proposition, lorsque les effluves du
cacao sont venus se mêler, dans le vagabondage de mon
esprit, aux sonorités des cuivres et des voix et
m’évoquer la caresse de la main sur la peau des
congas.
Par association d’idées, je me suis dit que le
chocolat pouvait être un sujet à multiples
entrées pour construire un récit dont le chœur
soit à la fois le narrateur et le témoin. Situation où, à
l’instar du théâtre grec, il agisse comme
représentation de la foule, structure l’espace et le
temps, s’adresse au public, constate, prévoie,
commente l’événement.
Dans un registre plus léger, le chocolat m’évoquait
l’enfance, le goûter d’anniversaire,
l’éclair, la charlotte et les profiteroles.
Marquise, fondant, mousse, ganache ou truffe, c’est le plaisir des
sens, la volupté, parfois jusqu’à
l’addiction.
Cultivé au Mexique par les Aztèques, rapporté par Hernan Cortès à la cour de Charles Quint au seizième
siècle, le cacao s’est répandu dans le monde
entier, après avoir conquis l’Europe
d’Anne
d’Autriche, suivi les routes de la colonisation
et participé à l’avènement de la civilisation
industrielle et à ses luttes sociales. Troisième denrée
alimentaire commercialisée sur la planète après le sucre
et le café, acteur de la mondialisation, protagoniste de
la chimère du dialogue nord-sud, il parcourt
l’histoire de l’humanité, depuis les
légendes mayas et la conquête de la Nouvelle Espagne,
jusqu’à la récente directive européenne
sur l’utilisation
des matières grasses végétales, qui bouscule
l’économie de l’Afrique.
Pour parler de cette histoire, j’ai imaginé une
situation à trois personnages : le chœur Nicolas
de Grigny (une centaine d’exécutants), le Caratini
Jazz Ensemble (treize musiciens) et un récitant. Dispositif
qui permet de varier les niveaux de jeu (petite ou grande
forme, modification de la géométrie du chœur ou de
l’ensemble instrumental, échanges entre solistes et
groupes, entre récitant et chœur, entre récitant et
soliste instrumental ou vocal, etc…)
Enfin, j’ai entrepris une recherche de textes de
différentes origines, (historiques, littéraires,
administratifs, épistolaires, culinaires ou autres…)
dont la disparité des sources permette d’aboutir à
une sorte de polyphonie de la narration et faire surgir une
réalité.
La musique qui porte le récit est nourrie des différentes
aventures que j’ai pu mener depuis une trentaine
d’années dans les mondes du jazz et des musiques
populaires.
Des chocolats sont distribués au public avant et après le
spectacle
Patrice Caratini octobre 2005




