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Projet monté autour de la rencontre historique du jazz et des percussions africaines arrivées dans l'Île de Cuba avec la colonisation espagnole.
Patrice Caratini associe son big band à trois percussionnistes latino-américains et nous offre une plongée en apnée dans les eaux de la Caraïbe. À travers ce voyage aux origines du latinjazz, le contrebassiste éclaire, sous un jour nouveau, la naissance de l’un des répertoires les plus métissés du monde, ce point de rencontre miraculeux entre danses de cour européennes et chants d’esclaves africains.
Lorsqu’en 1514 Bernal Díaz del Castillo, soldat d’Espagne, embarque sur l’un des navires de Pedro Arias de Avila, gouverneur de la Terre ferme, il ignore que son expédition participe de l’un des plus beaux métissages apparu dans les annales de la musique. Et si l’on ne peut, aujourd’hui, qu’imaginer les expériences vécues dans la Caraïbe entre l’arrivée des colons aux Indes et les premiers enregistrements dont nous avons connaissance, on sait, par contre, l’incroyable richesse d’une musique créole, descendante improbable d’un télescopage de mémoires enfouies.
Partitions d’Europe déjouées ou adoptées par des esclaves aux souvenirs lointains de leur(s) Afrique(s), airs et danses de cour, irrespectueusement détournés lors de noces inavouables, peuvent être fiers de leur descendance : guaguanco, candombe, tango, comparsa, son, biguine, danzon, boléro, meringue, ragtime, jazz… La liste n’est pas close.
Héritiers de cette chronique multi-séculaire, les artistes qui apparaissent sur cet enregistrement, qu’ils viennent de La Havane, Lyon, Carcassonne, Santiago du Chili, Lille, Amiens, Buenos Aires, Argenteuil, New York, Alfortville, Guantanamo, New Orleans ou Paris, s’inscrivent dans un mouvement qui ne cessera tant que demeureront nos désirs de musiques.
"[…] Au répertoire, une rumba cubaine traditionnelle, six compositions originales du leader, un thème écrit par le pianiste argentin Gustavo Beytelmann, deux succès chers à Dizzy Gillespie (Tin Tin Deo et Manteca), le tout se terminant par une étonnante version "boléro" de Petite fleur de Sydney Bechet.
Bien sûr, avec ses riffs de trompettes éclatantes (Tierras, Nina), l'album magnifie le latin jazz cher à Dizzy, et particulièrement l'époque de sa rencontre avec le percussionniste cubain Chano Pozo, mais les nuances de la riche palette sonore de ce Jazz Ensemble fait tout autant référence à la subtilité des orchestrations de Gil Evans.
Que ce soit le son d'ensemble, puissant et tonique, la richesse des percussions (explosion des tambours bata sur Alaro de Yemaya, du cajon sur Nina, ou association explosive des timbales, congas et bongos pour une version très originale de Manteca) comme la pertinence des solos, tout est orchestré de main de maître. Ajoutez à cela que le livret, richement illustré, permet au leader de commenter la genèse de chaque thème comme de chaque rythme mis en évidence et vous comprendrez que cet album constitue un "must" pour tous les amoureux de latin jazz. Assurément l'un des projets les plus percutants de ce Jazz Ensemble qui réunit, dans la même complicité, des musiciens de générations très différentes."
Claude Loxhay
Á propos de Latinidades
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Fiche technique

Avec …
Patrice Caratini contrebasse et direction
André Villéger saxophones/clarinette
Matthieu Donarier saxophones/clarinette
Rémi Sciuto saxophones/flûte
Claude Egea trompette
Pierre Drevet trompette
François Bonhomme cor
Spectacle Créé le 30 janvier 2009
à Combs-la-Ville, Scène nationale de Sénart.
Coproduction: Association Jazz Ensemble/Scène nationale de Sénart/Fontenay-en-Scènes/Actart 77